Nous avons offert à Virginie Biret qui nous a si gentiment reçus, une lecture de notre texte. Il servira de base pour le scénario de la vidéo du concours.
Nous avons écrit ce texte avec des morceaux de chacun des textes que nous avions écrit individuellement.
C’est donc un tifaifai de textes.
Je suis le tifaifai.
Je suis né à Punaauia sur l’île de Tahiti.
Un matin, ma créatrice a ouvert une mallette et en a sorti des aiguilles et du fil. Elle a ensuite choisi des morceaux de tissus plein de couleurs : le jaune bienveillant du soleil, le blanc pur des nuages, le bleu joyeux du lagon et le rouge vif des coraux et de l’amour.
Comme les femmes des premiers missionnaires protestants qui ont apporté cet art en Polynésie, elle s’est installée dans son atelier et a planté sa première aiguille dans le premier morceau de tissu.
Ses gestes étaient pleins de tendresse. C’était peut-être son métier de coudre des tifaifais mais moi, j’étais très particulier.
Jour après jour, elle cousait et me donnait corps. Elle était patiente et minutieuse avec ses mains étaient si douces, délicates et gracieuses.
Elle répétait les mêmes gestes des millions de fois : l’aiguille piquait et repiquait le tissu s’agitant comme les vagues qui dansent sur l’océan.
Elle me donnait de la force et une âme car, dans quelques mois, je réunirais celles de sa fille et de son fiancé. J’unirais une nouvelle famille.
Elle a consacré des heures, des jours, des mois à m’assembler, à me coudre.
Elle m’a peu à peu mis au monde : moi, un grand carré de tissu lourd, épais et chatoyant, symbole de l’amour d’une mère pour sa fille.
Plus tard, sur le lit des jeunes mariés, je les couvrirai de tout l’amour du monde et de bonté.
Puis, je couvrirai un petit guerrier tout juste sorti du ventre de sa mère. Je le réchaufferai quand il pleurera. Je le verrai grandir. Je serai là pour ses premiers pas, ses premiers jours d’école. Il s’allongera sur moi le soir pour regarder les étoiles. Je le protégerai des malheurs qui pourront survenir tout au long de son existence.
Et, quand sa mère, la fille de ma créatrice, sera très vieille et qu’elle mourra, il me mettra avec elle dans son cercueil pour qu’avec moi, son amour et celui de la grand-mère reste et l’entoure encore et encore.
Je suis le symbole de la joie de vivre des tahitiens et des femmes qui, pour des générations encore, consacreront tant de temps à donner vie aux tifaifais avec tellement de passion.
Nous avons aussi rencontré un professeur du lycée professionnel de Faa’a qui nous a très gentiment parlé de la filière couture et mode dans laquelle il manque des professionnels.








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